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⚖️ Pour ou contre ?

La modification génétique des moustiques divise chercheurs, ONG et citoyens : entre espoir sanitaire et inquiétudes écologiques, les arguments s’opposent. Voici un résumé des principaux points pour et contre cette technologie.

🧬 Les arguments en faveur de la modification génétique des moustiques

La modification génétique des moustiques est présentée comme une réponse efficace aux limites des méthodes traditionnelles de lutte contre les maladies vectorielles. En introduisant des moustiques mâles stériles ou porteurs de gènes létaux, la population de moustiques nuisibles peut être réduite de façon ciblée, sans produits chimiques.

Les premiers tests au Brésil et en Floride ont montré des résultats très encourageants, avec jusqu’à 96 % de réduction des moustiques. Cette méthode permet aussi de diminuer l’usage d’insecticides, souvent toxiques pour la biodiversité. Elle est soutenue par de grandes institutions comme l’OMS, ainsi que par des fondations comme celle de Bill et Melinda Gates ou Tata Trusts, qui y voient un outil prometteur pour éradiquer des maladies comme le paludisme.

 

D’un point de vue logistique, la solution est moins invasive, plus ciblée, et peut s’adapter aux zones à forte densité humaine sans perturber les activités locales. En Afrique, des programmes comme Target Malaria montrent que cette technologie pourrait apporter une réponse durable et locale à des crises sanitaires majeures.

Mosquito image from Unsplash.jpg
Image de National Cancer Institute

🐝 Les arguments contre la modification génétique des moustiques

Malgré son potentiel, cette technologie soulève de nombreuses préoccupations. L’apparition de moustiques hybrides viables après des essais au Brésil a surpris les chercheurs : des individus OGM ont survécu, se sont accouplés, et ont transmis des fragments d’ADN aux populations locales. Cela remet en cause le contrôle génétique supposé de la méthode.

Les conséquences sur l’environnement restent floues. Supprimer ou modifier une espèce pourrait entraîner des effets en cascade, comme la perturbation de la chaîne alimentaire ou la résistance accrue d’autres espèces. Le manque de recul scientifique empêche de prédire les impacts à long terme sur les écosystèmes.

En parallèle, des critiques portent sur le manque de transparence des entreprises privées (comme Oxitec), les pressions économiques, et l’absence de consultation des populations locales. Au Burkina Faso, par exemple, des habitants se sont opposés aux essais, dénonçant une expérimentation imposée, sans information claire ni consentement éclairé.

Enfin, de nombreuses ONG plaident pour l’application du principe de précaution, jugeant qu’il est trop risqué de modifier génétiquement des espèces vivantes sans certitude sur les effets futurs.

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